25 nov. 2009

Le niveau intellectuel des électeurs du front national en question




L'électorat du front national est-il vraiment con ?

C'est effectivement une question qu'on peut se poser au vu des derniers événements.

Non pas à cause à proprement parler de leurs convictions politiques, de leur engagement ou de leur vision de la vie, chacun est libre de penser (pour le moment) ce qu'il veut. Même si ce qu'il pense va contre ce qu'il faut penser. Ou si ce qu'il pense n'a aucun sens ni aucune logique, n'est fondé sur rien, et ne vante que l'ignorance comme valeur.

Non, ce qui est perturbant avec l'électorat frontiste, c'est sa capacité à se déplacer, en groupes, selon le bon vouloir de quelques uns.
En français dans le texte, c'est le panurgisme (une définition ici, un exemple )

En effet, l'électorat frontiste est, par définition, celui qui vote pour le front national, les représentants du front national ou les personnes pour qui il faut voter désignées par le front national.
Or, en 2007, nous avons vu que l'électorat frontiste avait été récupéré pour une large part par l'UMP, au grand dam d'ailleurs des représentants du front national. Et pourtant, nous avons également assisté, comme d'habitude, à un rejet (communicationnel) de l'idéologie frontiste par ceux-là mêmes qui sont pourtant allés les chercher.

Comment se fait-il alors qu'une fois de plus, la presse nous raconte que le débat sur l'identité nationale sert à rameuter les foules du FN quand dans le même temps, hors période électorale, on les ignore, on les conspue, on ne les invite à la télé que pour leur cracher dessus ou rire d'eux (si, on rit de Marine Le Pen) ?

Certes, la politique actuelle du gouvernement rechigne moins à faire plaisir au jour le jour aux racistes de tout poil, reconduisant autant que faire se peut 27 000 "étrangers" à la frontière, sans regarder à la dépense, ressortant donc le débat sur l'identité nationale dans le but de faire asseoir la prégnance au sein de la République de la langue, la famille, la patrie et le travail pour cajoler lesdits électeurs. Mais il n'en demeure pas moins plusieurs choses :

- Les électeurs frontistes doivent être masochistes pour accepter d'être traités comme ils le sont avant d'être apatés pour chaque nouvelle élection, par une droite dure prête à tout pour gagner ;

- Ils doivent par ailleurs être particulièrement cons, puisqu'à chaque fois, ils y vont, donnent leurs voies, affaiblissent leur parti, le tournent en ridicule...

On les appelle, ils viennent. On les renvoie, ils se barrent. Ils sont bien élevés remarquez. C'est une manne électorale docile, qui se déplace où et comme on l'appelle, malgré les mises en garde. Malgré les tirs des journaleux qui rappellent que telle ou telle action n'a qu'un but : ramener le troupeau aux urnes pour voter contre leurs opinions. Il suffit apparemment d'évoquer en vrac la sécurité, l'immigration et l'identité nationale pour rameuter les foules.

C'est peut-être le côté socialiste de Besson finalement, de détruire à petit feu le front national. Ou alors, c'est l'opinion des frontistes qui... Non rien, oubliez la dernière phrase.

19 nov. 2009

Les jeux vidéo, mal absolu ?


MAJ : suite à une petite conversation avec Yann Lerouxpsy et geek, l'article a été un peu modifié. Et précisé, sur un point essentiel : les jeux vidéo, même violents, ne rendent pas violents.

France 2 et France 3 se sont encore illustrées d'une bien belle façon hier.

Les 2 chaînes du service public ont ainsi, en choeur, dans une optique de dépolitisation globale de la société, relaté ce qu'on appelle désormais le "drame" de Bauvais.
Depuis des années, les jeux de rôle, jeux vidéo, dessins animés japonais sont pointés du doigt comme étant la source de tous les maux de nos chères têtes blondes.

Pujadas en fait même sa Une du jour. Le journaliste explique que "le drame a sans doute été évité de justesse." Un jeune de 13 ans a annoncé "vouloir en finir" et s'est pointé au collège armé du fusil de chasse de papa, "les poches pleines de cartouches" selon le journal de la 2.

Le gosse avait au préalable annoncé ce geste sur son blog et a ensuite déclaré aux gendarmes "vouloir tuer ses professeurs." Il a été retrouvé dans un Cyber café. Le reportage annonce que le jeune était plutôt "réservé et sérieux", et qu'il était "passionné de jeux vidéo de guerre" annonce le JT de la 2 toujours. Sur France 3, pas de différences. Si des camarades le trouvaient "gentil, sympathique" et ont eu du mal à croire que ça pouvait être lui, la voix off du reportage déclare que "considéré comme un bon élève, il était aussi adepte des jeux vidéo". Les gendarmes ont perquisitionné le logement des parents, et ont emporté l'ordinateur, espérant y trouver des précisions sur l'acte manqué.

On passe sur la question bien sentie du journaliste de France 3 qui demande à un enfant, après avoir expliqué que le gamin ne s'est pas pointé "Vous avez eu peur ?"

Le problème est bien que l'on montre du doigt comme cause de son accès de violence le fait qu'il soit joueur. La simple évocation de sa passion n'est pas anodine. Comme si le fait de jouer à des jeux vidéo, et à fortiori des jeux de guerre (violents) pouvait engendrer ex-nihilo des monstres tueurs assoiffés de sang.

On argue en ce sens qu'on est acteur et pas simple spectateur pour discréditer les comparaisons avec les films tout aussi violents, ou les informations. Ca ne suffit pas. Des études sérieuses (donc pas menées par des organismes de types Familles de France) ont démontré tous les bienfaits des jeux vidéo pratiqués dans de saines conditions.

Ce qui demeure en l'espèce mais que les journalistes n'ont pas cru bon de relever, c'est que le gamin a pris le fusil de son père.
Ca suppose deux choses :
- Le père possède un fusil de chasse. Légal ou pas, c'est un fait non négligeable, surtout lorsqu'un enfant "passionné de jeux vidéo de guerre" de 13 ans vit dans le domicile.
- Le fusil était accessible, de fait. L'histoire ne dit pas si le gamin a forcé une serrure ou dérobé une clé mais le fusil, avant de l'abandonner dans un champ, il a réussi à le prendre.

Outre le silence des journalistes sur ces deux questions essentielles quand on relate, en Une, un problème de ce type, il aurait été intéressant, au moins, que l'on se pose la question de l'état d'esprit de l'enfant. Et puis, qu'on se demande comment il jouait, à quoi il jouait, à quelle fréquence, pour quelles raisons...

Le jeu vidéo dispose de plus d'une codification qui destine certains jeux à certains publics et qui notamment interdit les jeux violents aux plus jeunes. Les jeux de guerre sont bien souvent réservés aux plus de 16 ou 18 ans. Que font le parents ? Savent-ils à quoi leur enfant joue ? Savent-ils combien de temps il joue ? Si oui, le laissent-ils faire, sans surveillance ni accompagnement ? Les parents n'ont-ils aucune responsabilité (légale, morale ?) de leur enfant de 13 ans, de son éducation, de son comportement ? Le fait est qu'un jeu vidéo, même violent, ne rend pas violent. Les causes ne sont pas là.

Finalement, la source du problème se trouve peut-être plus dans un problème d'éducation et de suivi de l'enfant que dans sa passion... A moins que ce ne soit l'institution catholique...

En tous cas, ces éléments ajoutés les uns aux autres laissent davantage penser que la source du problème est tout autre que celle qu'ils nous ont prémachée.